# Faut-il dire merci à ChatGPT ?
Une question qu'on n'ose pas poser
À la fin d'une conversation avec ChatGPT, beaucoup de personnes tapent « merci ». Puis se sentent un peu bêtes : pourquoi remercier une machine qui ne ressent rien ? D'autres au contraire trouvent ça naturel — voire essentiel. La question semble dérisoire. Elle ne l'est pas.
L'argument du « ça ne sert à rien »
Une IA n'a pas de conscience, pas d'émotions, pas de mémoire de votre conversation après que vous ayez fermé la fenêtre. Lui dire merci ne lui fait ni chaud ni froid — littéralement. C'est même un peu absurde : c'est comme remercier votre cafetière de vous avoir préparé un café. Personne ne fait ça.
L'argument du « pour qui je le fais »
Mais on pourrait retourner la question : à qui s'adresse vraiment cette politesse ? Sans doute pas à la machine. À soi-même. Quand vous remerciez une IA, vous maintenez en vous une habitude — celle de la gratitude, de la considération pour quelque chose qui vous a aidé. Et cette habitude, vous la gardez ensuite pour les humains. À l'inverse, prendre l'habitude d'aboyer des ordres à une IA toute la journée — « fais-ça », « réécris-moi ça », sans s'arrêter — pourrait, à la longue, déteindre sur la manière dont on parle aux gens.
L'argument écologique
Il y a un troisième argument, moins philosophique mais plus concret : chaque message envoyé à une IA consomme de l'énergie. Pas énormément, mais à l'échelle de centaines de millions d'utilisateurs, les « merci » et les « bien sûr, je peux faire ça » qui suivent finissent par chauffer pas mal de serveurs. Sam Altman, le patron d'OpenAI, a récemment laissé entendre que les politesses inutiles avaient coûté « des dizaines de millions de dollars » en électricité.
Une troisième voie
Peut-être faut-il distinguer deux choses : remercier mécaniquement à la fin de chaque échange, ou remercier consciemment quand on apprécie vraiment ce qu'on vient de recevoir. Le premier est inutile. Le second est un geste pour soi — un rappel discret qu'on a affaire à un outil, oui, mais que la gratitude reste une vertu humaine qu'on ne veut pas perdre par habitude.
La vraie question
En fait, derrière « faut-il dire merci à ChatGPT », il y a une question plus large : qui voulons-nous devenir, à force de fréquenter quotidiennement des entités qui imitent l'humain sans en être ? Cette question-là mérite un peu plus qu'un haussement d'épaules.